Histoire d’une mésaventure en recherche d’emploi

 

Marie-Ève Gauvin, responsable de la salle multiservice du CJE Bourassa-Sauvé, nous fait parvenir cette histoire. En espérant que ce témoignage aide a la sensibilisation auprès nos participants

 

**Veuillez noter que les noms des personnes et des compagnies sont fictifs pour des fins de confidentialité**

 

C’est l’histoire de Mélanie qui s’est présentée un mardi avant-midi dans la salle multiservices du Carrefour jeunesse-emploi Bourassa-Sauvé | Rond-point jeunesse au travail, énormément découragée et dépassée par la situation dans laquelle elle se trouvait.

Depuis quelque temps, Mélanie, chef de famille monoparentale, était activement à la recherche d’un emploi. Un mercredi matin, elle reçoit enfin un appel lui donnant de l’espoir : Serge la convoquait en entrevue la journée même, pour un poste de «Directrice financière» dans un concessionnaire automobile, avec un salaire partant à 45 000 $ par année plus les commissions. Quoi demander de mieux? Après avoir raccroché, Mélanie se posait quelques questions. Serge l’avait contacté suite à son compte qu’elle avait créé sur un site populaire de recherche d’emploi, mais ses expériences de travail reflétaient celles-là dans la restauration et dans la sécurité. Pourquoi avoir pensé à elle pour un poste aussi haut placé? Elle décide de prendre ses précautions en allant faire des recherches sur l’Internet. La compagnie de «placement» existe bel et bien, le concessionnaire aussi ! Elle décide alors de se rendre pour son entrevue.
À la fin de son entrevue, Serge dit à Mélanie qu’il doit passer neuf personnes en entrevue pendant la semaine avant de rendre sa décision le vendredi, et qu’il la recontacterait à ce moment-là. Le lundi suivant, toujours sans nouvelle, Mélanie décide de passer un coup de fil à Serge qui lui annonce qu’elle n’a pas été sélectionnée, mais qu’il a quelque chose d’autre à lui proposer si elle veut bien revenir le rencontrer. Pleine de volonté à travailler, Mélanie accepte immédiatement.

C’est alors que Serge dit à Mélanie que les concessionnaires embauchent maintenant que des personnes formées et que la personne qui avait été sélectionnée pour le poste venait de terminer sa formation de Directeur financier, et qu’eux proposaient justement cette formation de seulement trois semaines au coût de 3600 $. Mélanie ne réfléchit même pas et refuse, disant que c’est beaucoup trop cher pour ses moyens. Serge essaie de convaincre Mélanie en lui mentionnant que la formation serait remboursée à 40 % sur son prochain rapport d’impôt et que le 60 % restant serait remboursé par le concessionnaire automobile qui allait l’embaucher. Il lui mentionne aussi que leur service de placement est garanti à 100 %, qu’ils font affaire avec plusieurs concessionnaires qui sont tous en manque de personnel. Et voilà le plus convaincant de l’histoire, la formation peut être financée par un prêt et la compagnie de financement accepte tout le monde, même ceux qui ont un mauvais crédit. Qui n’aurait pas été convaincu? Mélanie accepte, et signe sur-le-champ.
Lors de sa deuxième semaine de formation avec six autres filles, Mélanie s’aperçoit qu’elles sont toutes arrivées de la même manière. Elles ont toutes été convoquées en entrevue pour le même poste, par la même personne. Elle commence à trouver l’histoire sordide. La semaine suivant sa formation terminée, c’est là qu’elle «clique». Avec une dette d’environ 5000 $ (coût de la formation, intérêt, etc.) sur les épaules, elle est toujours sans emploi et Serge ne répond plus à ses appels. Elle contacte les autres filles. Malheur, même histoire. Les paroles de Serge n’étaient que des mensonges sur toute la ligne.
C’est à ce moment-là qu’elle vient me demander de l’aide. Quoi faire?

Alors j’ai aidé Mélanie à remplir une plainte à l’Office de la Protection du Consommateur, à envoyer une mise en demeure de remboursement à la compagnie de Serge et à envoyer son histoire à l’émission La Facture. À suivre…

La morale de cette histoire :
Soyez vigilants en recherche d’emploi. Malheureusement, des personnes malhonnêtes profitent trop souvent de la vulnérabilité des autres. Avant d’embarquer dans une formation, prenez du temps pour vous informer auprès des conseillers en emploi ou des conseillers en information scolaire. On est là pour ça !