Travailler pour apprendre

« J’en avais marre de travailler pour des peanuts », dit le jeune d’origine tunisienne Ahmed Guellima, installé au Québec avec sa famille depuis plus de 12 ans. C’est la raison qui l’a poussé à chercher de l’aide pour mieux s’outiller pour intégrer le marché de travail.

Il a essayé d’apprendre pour travailler, mais il avait des difficultés à l’école qui l’ont empêché de terminer son niveau secondaire.

Ensuite, il a décidé de travailler pour apprendre. À 14 ans, il œuvrait déjà dans le domaine du service à la clientèle pour plusieurs employeurs, en même temps qu’il se faisait un nom comme professeur de danse dans les écoles et les Centres jeunesse.

Malgré ces efforts et après plusieurs années à revenu minimum, Ahmed s’est découragé et a décidé de mettre en place des actions concrètes pour se trouver un emploi mieux rémunéré.

C’est en 2012, à 21 ans, qu’il a intégré le programme Jeunes en action du CJE Bourassa-Sauvé.

La cause

Selon Ahmed, il lui manquait de l’information sur la société et le milieu de travail en général. Son départ prématuré de l’école et le fait que ses parents immigrants ne pouvaient pas nécessairement l’assister pour bien saisir les particularités de la société québécoise l’ont incité à chercher des solutions.

De plus, il était très endetté lors de son arrivée au CJE. Ses dépenses surpassaient largement son pouvoir d’achat.

L’apprentissage

Au CJE, il a appris à se bâtir un plan financier, gérer ses cartes de crédit, établir ses priorités, réduire les dépenses inutiles et négocier avec les compagnies de services (assurances et télécommunications). Aujourd’hui, il est plus structuré et gère mieux son argent. Ahmed a remboursé le solde de ses cartes de crédit et arrive à financer sa voiture.

Le passage par le CJE lui a permis également de maîtriser ses droits et responsabilités comme citoyen, de s’informer sur le rôle de la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) et du régime d’aide juridique et de connaître les règles particulières au statut de travailleur autonome. Mais surtout, il a découvert son potentiel d’apprentissage, grâce à notre atelier Cranium qui lui a permis de rafraîchir ses connaissances scolaires. Développer ces habiletés était une condition essentielle à l’amélioration de son avenir.

Ayant récupéré la motivation trois mois après son arrivée au CJE, Ahmed s’est attelé à la réalisation de ses aspirations.

Aujourd’hui

728bbe19c880c5bf6ec8c6d95a0a273b5af61d72Bien informé, motivé et confiant, Ahmed a ciblé les entreprises qui l’intéressaient vraiment pour présenter sa candidature. Rapidement, il s’est trouvé une place au restaurant Olivia à Vaudreuil, comme aide-serveur.

Un mois après le début de son contrat, il est devenu barman. Ce poste a été un excellent défi à relever, car il lui a fallu apprendre par cœur des informations essentielles au poste, comme les noms et les caractéristiques des vins, des cocktails, des cafés alcoolisés et ultérieurement des plats.

ahmed barL’expérience a été tellement positive que, seulement quelques mois après, l’entreprise lui a offert le poste de serveur, son but ultime. Elle a permis à Ahmed de mettre à preuve ses capacités d’apprentissage, puisqu’il fallait retenir beaucoup d’information et vite.

De plus, travailler au sein d’une équipe rémunérée aux pourboires a été un défi important pour Ahmed, car l’argent est un facteur qui peut créer des frictions entre collègues. Toutefois, étant donné que vivre en harmonie avec soi et les autres a été un apprentissage primordial au cours des ateliers Travailleur averti du programme Jeunes en action, il a réussi très bien cette épreuve.

De la danse au service à la clientèle

Par ailleurs, il poursuit sa passion pour l’enseignement de la danse, comme travailleur autonome.

À force de communiquer constamment avec ses élèves lors des répétitions et des spectacles, Ahmed a développé la patience, le vocabulaire et, en général, le « sens du service à la clientèle ».

Au restaurant, il se sert constamment de ces habiletés pour communiquer avec des personnes diverses, d’un retraité à un enfant.

Fin mot de l’histoire, Ahmed a décidé de travailler pour apprendre et nous en sommes fiers!